Mesdames, Messieurs,
Cher-e-s ami-e-s, Cher-es collègues,

Pour la deuxième année consécutive, la Ville de Strasbourg, que j’ai l’honneur de représenter aujourd’hui au nom du Maire de Strasbourg, Monsieur Roland Ries, a choisi de s’associer de manière symbolique à cette cérémonie en mémoire des personnes mortes dans ou de la rue en présence de mes collègues Syamak Agha Babaei, Paul Meyer, Edith Peirotes, Marie-Dominique Dreyssé et Jean-Luc Muller venu de Schiltigheim.

Cette cérémonie, que vous organisez depuis plusieurs années, est importante à plusieurs titres. Elle vient nous rappeler, avec beaucoup de d’humanité et dignité que les inégalités et la pauvreté font encore aujourd’hui des ravages dans notre société, et qu’il convient de dénoncer et de combattre quotidiennement leurs effets, jusque dans le deuil.

En honorant la mémoire de celles et ceux qui ont vécu dans la rue, et qui y ont laissé leur santé et leur vie, nous sommes ici rassemblés pour rappeler si nous sommes tous égaux devant la mort, le respect des défunts et leur prise en charge par la société est aussi un ferment essentiel de notre vivre ensemble. C’est une valeur universelle qui fait société et qui nous rassemble sans distinction d’âge, d’origine, de croyance ou de situation personnelle.

Cette conviction, la Ville de Strasbourg la porte avec constance depuis de nombreuses années.

Je voudrais rappeler ici que c’est en 1994, à la fin du premier mandat de Catherine Trautmann, que la Ville a renoncé au « terrain commun », l’ancien « carré des indigents » afin de rompre définitivement avec une pratique d’un autre âge et d’affirmer cette volonté d’égalité.

Je voudrais saluer aussi le travail fait par les Pompes Funèbres Publiques, le CCAS et les agents du service funéraire de la Ville de Strasbourg qui assurent, dans le respect du droit commun et de l’égalité devant la mort les inhumations de nos concitoyen-nes les plus fragiles, dont celles et ceux morts dans ou de la rue.

Je voudrais saluer enfin le travail de celles et ceux, travailleurs sociaux, associations ou simples citoyens qui au quotidien accompagnent les personnes à la rue.

Par votre action, par ce moment organisé en mémoire de celles et ceux qui nous ont quitté cette année, vos copains-ines, vos ami-es, vos compagnons de misère, vous venez nous rappeler, dans ces temps où l’on regarde parfois, trop souvent, l’autre comme une menace ou un danger, que l’engagement et la solidarité sont plus que jamais des valeurs essentielles à préserver, à affirmer et à partager.

Bien sûr, nous n’oublions pas les responsabilités, les responsabilités immenses, qui sont les nôtres à l’égard des vivants. Mais en associant la Ville de Strasbourg à ce moment, dans le cadre des cérémonies officielles du 1er Novembre, le Maire de Strasbourg a choisi de réaffirmer avec force qu’il est aussi du rôle de la collectivité qu’aucun-e strasbourgeois-se ne soit oublié dans ces jours du souvenir…

Aja, Danièle, Esther, Jeanine, Sylvie, Eric, Jean-Paul, Jean-Pierre, Igor, Juan, Larbi, Mohammed, Patrick, Sébastien, Thierry, Zoltan, monsieur X, en déposant cette gerbe aujourd’hui nous sommes venus honorer votre souvenir et nous associer à la tristesse de vos proches.

Mesdames, messieurs, je vous remercie…

Strasbourg, le 31 octobre 2015