Mesdames, Messieurs, Cher-e-s ami-e-s, Cher-e-s collègues,

Ce 5 novembre, nous voici rassemblés, à nouveau, pour nous souvenir ensemble des personnes mortes dans ou de la rue, à Strasbourg en 2016…

Au nom du Maire de notre ville, Monsieur Roland Ries, que j’ai l’honneur de représenter ici avec mes collègues Marie-Dominique Dreyssé, Abdelkarim Ramdane, Paul Meyer, Jean-Baptiste Gernet, Syamak Agha Babaei et Edith Peirotes, nous sommes venus apporter cette année encore, par notre présence, et par cette gerbe que nous déposerons tout à l’heure en souvenir des disparu-es un témoignage symbolique de notre compassion à l’égard des disparu-es, et de notre soutien à l’action de l’aumônerie, des associations et des citoyens qui ont œuvré pour rendre possible ce moment malheureusement si nécessaire.

Cette année, comme l’an passé, ce sont 18 hommes et femmes, vivant dans nos rues, sur nos places, qui nous auront quittés avant le temps… 18 personnes à part entière, 18 morts, et je veux le dire ici, 18 morts de trop…

Andrej, Annie, Jan, Charlie, David, Jean, Jean-Claude, Jean-Michel, Jérôme, Frédéric, Gejza, Milos, Sébastien, Stanislaw, Raymond, Zoubir, ainsi que cette jeune femme dont vous ne connaissez pas l’identité, et peut être d’autres, surement d’autres, que vous ne connaissez pas, auront vécu, je devrais dire survécu, dans nos rues, jusqu’à leur dernier moment.

Ils étaient vos compagnons, vos ami-es, vos proches…

Ils étaient aussi des visages familiers, des figures que l’on côtoie souvent au quotidien, presque des voisins…

Ils étaient des strasbourgeoises et des strasbourgeois, comme nous, et , comme nous, des humains, tout simplement…

Par cette cérémonie, vous leur rendez, et ce n’est pas rien, leurs noms et leur dignité..

Leur disparition est un drame, pour chacun d’entre nous.

Un drame de la pauvreté et de la misère, ces fléaux que nous devons, chacun à notre niveau, collectivités, associations, simples citoyens, avec nos moyens et avec nos forces, là ou nous sommes, sans relâche continuer à combattre et travailler à éradiquer.

Définitivement.

Je sais évidemment que c’est une utopie, mais je veux croire sincèrement que cela reste une utopie désirable. Et atteignable…

Je sais aussi que la tâche est rude. Et qu’année après année, le souvenir des disparu-es nous rappelle, toujours aussi cruellement, nos échecs, nos carences, nos manques, nos insuffisances…

Mais nous devons pourtant persévérer et ne pas renoncer. Car tant que des hommes et des femmes mourront dans nos rues nous ne saurions être sereins et apaisés. Nous le devons à celles et ceux qui vivent dans nos rues, nous nous le devons aussi à nous même.

Ce rendez vous annuel qui nous rassemble aujourd’hui est donc important, même si, comme vous, nous aimerions qu’il n’ait plus lieu et qu’existent enfin d’autres moments, plus joyeux, pour nous retrouver.

Il est important à plusieurs titres :

Pour le souvenir, parce qu’il ne saurait être tolérable que l’oubli dans la mort succède à l’indifférence dans la vie.

Pour l’avenir aussi, puisque comme vous le dites si justement au sein de l’assocition Grains de Sable et du Collectif des Morts de la rue, année après année, « en honorant ces morts nous agissons aussi pour les vivants »

Alors agissons, agissons encore et toujours, et peut etre vivrons nous des jours heureux…

Je vous remercie