Le débat qui se noue autour du scrutin du 7 avril est à bien des égards révélateur d’un « mal français » : la difficulté à se tourner résolument vers l’avenir et à répondre de manière volontaire aux enjeux de notre siècle.

Nous savons pourtant que les crises sont globales, que nous avons besoin d’outils pertinents pour pouvoir y répondre, et surtout, que ceux dont nous disposons aujourd’hui sont dépassés et ne remplissent plus leur office.

Rénover notre environnement démocratique

L’heure n’est plus à la frilosité. Ni le repli sur les égoïsmes nationaux, porté par les souverainistes contre l’Europe, ni la défense des baronnies locales, porté par les héritiers du jacobinisme contre le Conseil d’Alsace, ne sont aujourd’hui des réponses pertinentes à la crise et n’apporteront de solutions aux difficultés que rencontrent nos concitoyens.

Du niveau européen au niveau local, il y a urgence à rénover en profondeur notre environnement démocratique. Nous avons raté une occasion en 2005 en refusant le Traité constitutionnel européen, ne nous privons pas d’une nouvelle chance en 2013 avec le Conseil d’Alsace. Il n’y a pas de plan B…

Dimanche 7 avril, il nous faudra voter en faveur du Conseil d’Alsace. Sans hésitation. Parce que nous avons besoin d’un outil pertinent pour mener des politiques cohérentes en matière d’emploi, d’économie, de solidarités, de protection de l’environnement et de ménagement du territoire… comme en matière de démocratie locale…

Pourtant le Conseil d’Alsace n’est qu’un outil. Il nous faudra le nourrir et apprendre à nous en servir pour imposer enfin un véritable parlementarisme régional proche des citoyens et responsable devant eux.

Strasbourg, l’Alsace, l’Europe…

Le Conseil d’Alsace ne saurait pas davantage se suffire à lui seul. Il ne prendra toute sa dimension que si il parvient à relever deux défis : son inscription dans une Europe politique fédérée et la reconnaissance du rôle majeur de Strasbourg, condition nécessaire de sa réussite.

En effet, pas plus qu’on ne saurait imaginer le Bade-Wurtemberg sans Stuttgart, l’Alsace ne peut se penser sans Strasbourg et nous ne pouvons qu’être sidérés par l’incroyable légèreté avec laquelle cette question a été traitée jusqu’à présent dans le débat régional.

La reconnaissance du fait métropolitain va aujourd’hui dans le même sens que la régionalisation et l’intégration européenne. Il ne s’agit ni plus ni moins que de donner à des unités territoriales reconnues pour leur efficacité les moyens de répondre à la crise et de relever les défis du XXIe siècle.

Le statut d’Eurométropole vient prend acte de cette nécessité absolue, et c’est une bonne chose. Personne ne doute que Strasbourg aura un rôle majeur à jouer dans une Alsace unifiée comme au sein d’une Europe fédérée. Le reste n’est que littérature…

Le 7 avril, en disant oui au Conseil d’Alsace nous dirons donc oui, trois fois oui : OUI à Strasbourg, OUI à l’Alsace et OUI à l’Europe.

Chiche ?

Eric Schultz
Conseiller municipal et communautaire
Co-président du Groupe des
Elu-e-s écologistes et citoyens de Strasbourg