Ville de Strasbourg – Conseil municipal du lundi 11 février 2013

Intervention de M. Eric SCHULTZ – Conseiller municipal

Co-président du Groupe des Elus Ecologistes et Citoyens

Merci Monsieur le premier adjoint,

Sur ce débat là, je voudrais dire en préalable une chose au nom du Groupe des Elu-e-s écologistes. Cette chose, c’est qu’évidemment nous sommes attachés à la préservation de la biodiversité mais pas simplement quand des intérêts particuliers sont relayés sur une question accidentelle ! Nous sommes préoccupés par la biodiversité tout le temps et je suis un peu étonné de voir la vivacité et le travail de fond qui a été fait, certes de qualité, mais la vivacité et presque l’acharnement de ma collègue sur la question des chauves-souris, alors que si l’on prend d’autres projets destructeurs, d’autres espèces, notamment le GCO par rapport à la question du Grand hamster, on sent que la vivacité et le combat en faveur de la biodiversité […interruption de la salle … voix off…] … la vivacité et le combat en faveur de la biodiversité sont d’intensité variable chez certains !

Je pourrais prendre aussi ce que les défenseurs de la biodiversité ont accueilli, comment dire, avec un certain nombre de grincements de dents… Mais quand on vote au Sénat l’existence de zones d’exclusion permettant l’abattage des loups dans certaines régions de France, Mme Keller, en matière de défense de la biodiversité, certes vous avez travaillé sur les chauves-souris, mais vous n’êtes pas, non plus, un parangon de vertu sur ces questions là ! Loin s’en faut !

C’était la première chose.

Mais la question des chauves-souris en tant que telle mérite d’être posée, et je partage un certain nombre d’interrogations de ma collègue sur cette question, parce qu’il me semble, pour le moins, que sur la question de l’abattage des arbres, il y a eu, et ce n’est pas forcément un tort de le dire et de le reconnaître, il y a eu un certain nombre de dysfonctionnements qui ont mené à la situation dans laquelle nous nous retrouvons aujourd’hui.

Je sais bien que même les associations de défense de l’environnement, de protection de la nature, la LPO, le GEPMA, Alsace Nature, pour lesquels certains voudraient bien leur couper les subventions sur d’autres dossiers parce qu’ils sont très embêtants, ces associations-là nous disent, elles-mêmes, que sur ce site là, il était très difficile de prévoir la masse de chauves-souris qui a été trouvée.

Cela dit, elles nous disent aussi qu’elles regrettent que le bureau d’étude Oréade-Brèche ne les ait pas sollicitées plus en amont car elles auraient été, dans le cadre des protocoles qui les lient à la Communauté urbaine de Strasbourg et qui seront renforcés, ce qui est très bien, elles auraient pu fournir une expertise qui aurait peut-être… probablement… là nous sommes effectivement dans la supposition… permis d’éviter de nous retrouver dans cette situation.

On voit ainsi dans le rapport d’enquête publique, qu’effectivement le Préfet dit que, sur quatre espèces d’oiseaux cavernicoles, ainsi que sur les chiroptères noctules, on aurait besoin d’investigations supplémentaires et peut-être besoin de dérogations déposées auprès de l’Etat pour autoriser l’abattage des arbres.

Ce que dit le Préfet est très clair, « l’étude d’impact a bien identifié les enjeux environnementaux, bien analysé les incidences négligeables à faibles du projet mais elle propose des mesures d’évitement, de réduction, compensation de ces impacts. La démarche environnementale permet une bonne préservation de la biodiversité, sous réserve des procédures de dérogations requises et d’un inventaire complémentaire des chiroptères en l’absence duquel l’autorité environnementale ne peut se prononcer sur cet aspect précis ».

Donc si il était certes difficile de détecter une présence aussi massive de chauves-souris sur ce site là mais, nous disposions aussi, à ce moment précis, de signaux nous disant que des investigations complémentaires auraient pu être nécessaires.

Je n’ai pas envie de polémiquer car ce sont des questions difficiles, ce sont des questions sur lesquelles chacun doit prendre ses responsabilités, et la positions qui a été rappelée par ma collègue Françoise Buffet me paraît de bon augure. Mais il faudra voir effectivement, à l’avenir – parce que là, on va dire que ce qui est fait est fait, et malheureusement on ne peut que le regretter … et les écologistes le déplorent en premier lieu – il faudra voir comment à l’avenir nous pourrons éviter de nous retrouver dans des situations identiques.

Renforcer les partenariats avec les associations, les soutenir dans leur action, peut-être les intégrer plus en amont dans le processus de concertation des décisions publiques, va être nécessaire… Evidemment ! Et je suis heureux de l’avoir entendu avant même que nous puissions le suggérer… Cela prouve bien que cette question-là est au cœur des préoccupations de la Ville de Strasbourg…

Nous avons aujourd’hui, sur le territoire alsacien cinq cents chauves-souris dont l’hibernation a été interrompue, c’est une prise en charge qu’il va falloir assumer. Les associations qui s’attendaient à trouver cinquante à cent individus de cette espèce se sont retrouvées avec cinq cents chauves-souris… Ce qui représente un coût considérable pour des associations qui sont composées de volontaires et qui misent sur le bénévolat… Alors que la collectivité donne le petit coup de pouce permettant, si ce n’est de réparer, mais au moins de gérer au plus près cette situation là est quelque chose de relativement encourageant…

Si tant est que l’on mette aussi en place l’ensemble des process et des procédures qu’évoquait M. Herrmann tout à l’heure…

Je vous remercie.

Visionner le débat en conseil municipal : Interpellation de Madame Fabienne KELLER : faire la lumière sur les dysfonctionnements dans l’abattage des arbres du PMC.

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