Ville de Strasbourg – Conseil municipal du lundi 11 février 2013

Intervention de M. Eric SCHULTZ – Conseiller municipal

Co-président du Groupe des Elus Ecologistes et Citoyens

Merci Monsieur le premier adjoint,

Je me suis inscrit dans ce débat parce que je pense qu’il serait dommage que trois ou quatre années après avoir passé la restauration scolaire en partie en bio, ce point passe aussi rapidement devant le Conseil municipal. Alors, si il est vrai que nous n’avons peut-être pas soulevé le point en commission plénière, ceci étant, je pense qu’il mérite un certain nombre d’échanges, d’éclairages, de réflexions dans l’enceinte du Conseil municipal, puisque c’est le lieu, par excellence, du parlementarisme municipal et c’est là que doivent s’exprimer un certain nombre de choses. Je pense aussi que nos concitoyens attendent peut-être des réponses, notamment les parents d’élèves, les enseignants, les parents des futurs élèves sur ces questions, en terme d’alimentation et en terme de développement durable et de circuits courts bien sur, mais aussi en terme d’économie et d’emploi puisque c’est l’ensemble de ces dimensions qui sont présentes dans ce marché. Un marché peut-être anodin en apparence, mais stratégiquement essentiel et sur lequel il faudrait peut-être que nous ayons un échange.

J’en viens au fait.

Par rapport au marché lui-même. En 2009 nous avions lancé quelque chose de relativement innovant, de volontariste, avec un certain nombre d’objectifs en matière d’alimentation, 20 % d’aliments bios dans l’ensemble des restaurants scolaires.

[ …] J’essaye de faire court mais comme je l’ai dit tout à l’heure, je pense qu’il s’agit d’un point important, et si l’on s’est bien amusé précédemment [ … sur le Wacken … ] peut être que la restauration scolaire et l’environnement méritent aussi, un peu de temps de débat. […]

Nous avons lancé ce marché, à 20 % d’alimentation issue des filières bio dans la restauration scolaire. Ce marché a été primé, puisque la ville de Strasbourg avait demandé une diminution de l’émission des gaz à effet de serre de la part des détenteurs du marché, de 3 % par an… Ce qui a été globalement atteint comme d’autres objectifs… Ça n’a pas été facile à faire. Il y a eu, aussi bien du côté des entreprises que du côté de la Ville de Strasbourg, un certain nombre de progrès qui ont été accomplis… Il convient de s’en féliciter…

J’aurais aimé que l’on discute de ces aspects pourtant en essayant de voir aussi quelles ont été les limites, parce qu’il y en a peut-être…Et aussi et comment nous pourrions aller plus loin en matière de restauration scolaire et de qualité de l’alimentation proposée…

D’abord une première chose, dans le marché, et Monsieur Herrmann, je sais que vous n’êtes pas insensible à cela, il y avait aussi une partie concertation, un suivi du marché par les parents d’élèves et par les usagers des cantines scolaires. Cela aurait peut-être valu la peine que nous mettions en avant ces éléments, puisque nous savons pertinemment qu’en dépit de la qualité de l’alimentation, il reste aujourd’hui, au niveau des parents d’élèves, mais pas seulement, un certain nombre de questions, relatives à l’alimentation qui est donnée à leurs enfants comme à la gestion du temps méridien entre midi et deux… Là aussi un débat public aurait mérité d’être posé et ses résultats d’être exposés dans cette enceinte. Je regrette donc que nous n’ayons pas pris le temps plus en amont de nous appuyer sur ces échanges, sur ce partage d’expériences pour faire vivre ce débat et voir comment nous pourrions faire évoluer ensemble le système de restauration scolaire.

La deuxième question est bien évidemment celle relative à la qualité de l’alimentation, biologique, forcément, en circuits courts nécessairement… Mais, et j’ai déjà exprimé précédemment quelques interrogations par rapport à cela, je regrette un peu que la clause de réduction des gaz à effet de serre que nous avions mentionné dans le premier marché et pour lequel Strasbourg avait été distingué, n’ait pas été reconduite dans le nouveau marché […interruption de la salle … voix off…] … ou alors je ne l’ai pas vue…

J’ai noté qu’effectivement une évolution du code des marchés publics pouvait nous permettre de cibler des approvisionnements locaux… Ceci étant, pour les écologistes c’est une condition nécessaire mais pas forcément suffisante puisque la diminution des gaz à effet de serre se fait aussi bien sur le matériel qui est utilisé pour livrer les aliments que pour les produire et nous aurions aimé peut-être voir un maintien de cette qualité d’exigence puisque, si les prestataires qui ont jusqu’à présent délivré dans les cantines scolaires l’alimentation quotidienne des enfants strasbourgeois, ont réussi à tenir cet engagement là, elles sont aujourd’hui à un tournant qui les obligerait, de facto, si elle était maintenue, à se rapprocher de productions locales de meilleure qualité.

Je regrette donc un peu que cela ait été abandonné, qu’on ne l’ait pas maintenu car ça aurait permis d’avoir […interruption de la salle … voix off…], bon bref, ce n’est pas ce que j’ai compris en lisant la délibération, mais je peux me tromper bien évidemment…

La troisième remarque, […interruption de la salle … voix off…], bon, là c’est une question d’appréciation mais je laisse à mon camarade Philippe Bies la responsabilité de ses propos…

La troisième remarque, qui est importante aussi, porte sur la qualité et peut-être la rationalité des équipements qui participent à l’alimentation des jeunes et des enfants de la ville de Strasbourg.

Nous avons un système de restauration en liaison froide qui répond à un certain nombre d’exigences mais qui en terme de qualité gustative, de qualité de l’alimentation ne remplit pas forcément toutes les attentes des enfants des écoles. Il y a un certain nombre d’équipements, sur le même territoire, sur les mêmes lots du marché de restauration scolaire, notamment dans les collèges et les lycées, qui fonctionnent aujourd’hui à sous capacité de traitement.

J’aurais bien aimé et je reprends ce que j’ai dit tout à l’heure sur la filière bois, mais comme on réfléchit aujourd’hui Eurométropole, diminution des coûts, Conseil unique d’Alsace et rationalisation d’un certain nombre de dépenses publiques, j’aurais aimé que l’on voit comment on pourrait, peut-être, pas simplement en se tournant vers le privé puisque l’on sait que les privés vont rencontrer des difficultés pour postuler aux marchés, comment nous pourrions avec… […interruption de la salle … voix off…]…

Visiblement quand les écologistes parlent ça pose toujours un problème et toujours aux mêmes !

Bref … Comment nous pourrions, avec les collectivités qui gèrent aujourd’hui les collèges et les lycées, avoir des systèmes de restauration plus intégrés qui nous permettraient de maîtriser les politiques d’achat de produits alimentaires, sans passer par des centrales d’achat et d’avoir ainsi un impact direct sur notre territoire et sur l’agriculture de proximité…

Je reprends tout ça … Mais visiblement, l’écologie, ici, agace un petit peu, mais ce n’est pas grave, on va le dire quand même.

Quand on est vraiment dans une cohérence et dans une recherche d’efficacité au niveau du développement durable, au niveau de la qualité de l’alimentation, on est aussi dans la mise en place d’outils économiques efficaces, créateur d’emplois… On est aussi dans la mise en place d’outils de justice sociale…

Et cela prouve, encore une fois que l’écologie, même si c’est compliqué pour certains, a sa raison d’être dans cette enceinte et dans le débat public.

Merci

Visionner le débat en Conseil municipal : Point n°23 : Renouvellement du marché des prestations destinées à la restauration dans les écoles, les accueils de loisirs et les établissements d’accueil de la petite enfance

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