Monsieur le Maire, Chers collègues,

Ce n’est pas la première fois depuis le début de notre mandat que je prends la parole en cette enceinte pour vous faire part de mes réserves et de mes interrogations quant à la gestion faite par l’Association des Amis du Zoo de l’Orangerie de l’infrastructure qui leur a été confiée par la Ville de Strasbourg…

A délibération récurrente, donc, intervention récurrente. Cela relèverait presque de la tradition si ce n’était cette année un élément nouveau qui n’aura pas manqué de retenir votre attention : la saisine du procureur de la République par l’association Code Animal le 23 octobre dernier pour, je cite : « violation de l’arrêté du 25/03/2004 et mauvais traitement sur les animaux détenus » au Zoo de l’Orangerie.

Dans son recours, l’association constate en effet « que le zoo de l’Orangerie ne répond pas aux attentes imposées par l’arrêté du 25/03/2004, application française de la Directive 1999/22/CE, notamment sur l’absence d’une enceinte extérieure entourant le zoo », et avance que « les traitements infligés aux animaux du zoo de l’Orangerie sont en violation avec les articles L214-1, L214-2 et L214-3 du Code Rural, ainsi que l’article R. 654-1 du Code Pénal ».

Sans préjuger des suites qui seront données par la justice à cette saisine, nous ne pouvons qu’être interpellés ici par la tournure prise par ce dossier.

Depuis 2008, au nom du Groupe des Elu-es écologistes et citoyens, je n’ai eu de cesse de vous interpeller régulièrement sur la question du devenir du Zoo de l’Orangerie et sur la nécessité qui s’impose à la collectivité de redéfinir la nature et les missions de cet équipement si apprécié des Strasbourgeois.

C’est aujourd’hui une évidence, le zoo de l’Orangerie n’est plus adapté à notre époque, ni dans son esprit, ni dans objet, ni même dans sa conformité avec les évolutions des législations européenne et nationale. Malgré cela, et malgré des alertes répétées, nos demandes sont apparemment demeurées sans effets et la situation inchangée. Ce que je regrette, croyez le bien…

Le 24 septembre dernier nous vous avions demandé que soit examinée au plus près et dans la plus grande transparence la gestion de l’Association des Amis du zoo de l’Orangerie, et qu’une audition de ses représentants par une commission ad hoc du Conseil municipal soit mise en place afin que chacun puisse saisir la réalité des choses et leur complexité.

Nous avons également émis le vœu à cette occasion que, pour le zoo de l’Orangerie, comme pour tant d’autres équipements publics la pertinence et la pérennité de son mode de gestion puisse être réinterrogée au fond et mise en regard avec d’autres modes de gestion, notamment la délégation de service public qui aurait pour immense avantage de forcer la collectivité à s’interroger sur la présence, comme sur la nature et les missions notamment pédagogiques d’un tel équipement en plein cœur de Strasbourg.

La plainte déposée en octobre dernier nous rappelle de manière pressante la nécessité d’engager une réflexion de fond sur l’avenir du « zoo » de l’Orangerie dans l’intérêt de tous, et qui plus est dans des délais raisonnables.

Qu’en est il aujourd’hui ? Quelles avancées sur ces questions depuis un an ?

Nous ne pouvons plus nous contenter de bonnes intentions et de réponses évasives…

Aussi, en l’absence des éléments probants quant à la volonté de la collectivité de se saisir résolument de ce dossier, de signes tangibles de la part des gestionnaires de cet équipement auquel nous sommes attachés autant que peut l’être chaque strasbourgeois, et après être intervenus à plusieurs reprises sur la situation du Zoo de l’Orangerie en cette enceinte, vous comprendrez Monsieur le Maire, chers collègues, que nous ne puissions cautionner par notre vote ce qui s’apparenterait une fois encore à l’enregistrement répété d’une situation insupportable et apparemment sans issue.

M. Le Maire, Chers collègues, je vous remercie.