Monsieur le Maire, Cher-es collègues,

Le vote du budget primitif de la collectivité est habituellement un temps fort de notre vie démocratique. Années après années, c’est en effet le débat budgétaire qui nous permet d’attester de la qualité de la gestion municipale (au vu des évolutions du contexte global), comme de vérifier notre capacité à tenir et à mettre en œuvre de manière effective les engagements que nous avons pris en début de mandat devant les strasbourgeois.

A ce titre, l’examen du budget 2014 revêt une importance particulière : il nous permet de constater pour la sixième année consécutive la bonne qualité de gestion de la Ville de Strasbourg dans un contexte économique pour le moins difficile et dans un environnement financier et institutionnel en pleine mutation.

Stabilité fiscale, sobriété de la dépense publique et maintien de la qualité du service rendu par la collectivité aux habitants sont les trois piliers à l’aune desquels les écologistes apprécient traditionnellement l’exercice budgétaire.

Je voudrais ici m’attarder sur ces trois éléments :

Stabilité fiscale : c’est un engagement fort pour Strasbourg sur lequel se sont accordés socialistes et écologistes en 2008. En dépit de la dégradation de la situation économique et financière, cet engagement a été tenu, ce n’est pas rien, et je pense que nous ne pouvons ici que nous en féliciter.

Pour autant, les données qui nous sont présentées ce matin ne promettent pas forcément des lendemains qui chantent : notre capacité d’autofinancement (20 millions d’euros) est aujourd’hui réduite, notre taux d’épargne brut ( de l’ordre de 6 %) atteint des niveaux qui méritent pour le moins attention, la durée de notre capacité de désendettement (d’à peu près 8 années) s’accroit, même si elle est aujourd’hui contenue à un niveau raisonnable pour une commune comme la nôtre.

Cette situation, liée pour l’essentiel à la pression extérieure que subit la collectivité du fait des effets de la crise économique et financière que nous traversons, nous interpelle et nous oblige. Elle nous interpelle parce que nous savons toutes et tous dans cette assemblée que nous ne pourrons pas avoir recours à un accroissement de la pression fiscale dans les années à venir. C’est un impératif catégorique et une obligation morale que nous avons envers nos concitoyens. Mais cette situation nous oblige également, car elle nous contraint à appréhender notre gestion avec encore plus de rigueur et de capacité d’innovation.

En effet, au vu du contexte difficile que nous traversons et en l’absence de recours à la fiscalité, nous devrons explorer de nouvelles pistes pour dégager des ressources permettant d’abonder le budget de la collectivité. Parmi celles ci, les écologistes restent attachés à la mise en œuvre d’emprunts obligataires citoyens qui permettraient de conserver certains éléments de notre patrimoine dans le giron public tout en offrant aux strasbourgeois des placements financièrement intéressants. Il nous faudra explorer plus avant le recours aux financements européens ou à la finance participative, réfléchir à la construction d’outils de financement partagés avec d’autres collectivités, mobiliser plus efficacement ces beaux outils que sont les délégations de service public (sur lesquelles nous aurons l’occasion de revenir) en travaillant à la mise en œuvre de clauses de retour à meilleure fortune… et bien sûr nous engager sur la voie d’une plus grande sobriété dans nos dépenses…

Et ceci m’amène au second point de mon intervention : la sobriété.

Faire mieux avec moins !

Voilà la voie sur laquelle nous devrons nous engager avec lucidité et volontarisme. Nous savons, nous l’avons évoqué lors du débat d’analyse budgétaire du mois dernier, que la crise dans la laquelle nous nous sommes installés est une crise systémique, que de répéter le mantra de la croissance ne la fera pas revenir et que le temps des villes riches est révolu.

Nous devons en tirer les conséquences et accroitre notre effort de maitrise de la dépense publique.En effet, il existe encore de notre point de vue des marges de manœuvre susceptibles de permettre le maintien de notre qualité d’intervention sans pour autant que rigueur ne rime avec austérité ou réductions d’effectifs. Au niveau de notre fonctionnement (comme par exemple au niveau de la fonction achats), comme de notre investissement (au moment de l’établissement de nos cahiers des charges et de l’exécution de nos marchés), nous sommes capables en travaillant à une plus grande rationalité d’une plus grande maitrise de la dépense publique et donc d’une répartition aussi efficace de l’argent public sans recours excessif à l’emprunt…

Et c’est bien là l’essentiel, qui m’amène à mon troisième point d’analyse : la rigueur à laquelle nous sommes contraints, et à laquelle nous serons selon toute vraisemblance encore davantage contraints dans les années à venir ne doit pas entacher la qualité du service rendu par la collectivités aux habitants mais bien permettre son maintien, voire son extension en temps de crise.

En effet, nous entendons ici et là certains esprits chagrins s’inquiéter de nos dépenses de fonctionnement, et ce bien qu’elles restent aujourd’hui à un niveau d’étiage très raisonnable pour une commune de notre importance… Est-ce bien raisonnable ? Peut on raisonnablement dans le contexte difficile auquel sont confrontés nos citoyens envisager de réduire la qualité des services publics de proximité et le nombre des agents qui quotidiennement œuvrent au bien commun ? Je ne le crois pas… Peut on décemment envisager, comme le fait le Conseil Général du bas-Rhin, de réduire le soutien aux associations qui interviennent sur notre territoire sur les terrains social, culturel, éducatif, sportif… ? Pas davantage… Peut-on sérieusement envisager de contenir ou de limiter les dépenses liées à la recherche d’une meilleure équité sociale ou à la solidarité ? Certainement pas ! J’arrête là…

Vous l’aurez compris, pour les élus écologistes et citoyens, la qualité du service rendu par la collectivité à ses habitants doit rester l’aplha et l’oméga de nos politiques. C’est notre conviction…

La mobilisation de la collectivité auprès de tous et de chacun pendant ces six dernières années a indéniablement été une direction forte donnée à notre action. Elle ressort avec force de ce budget primitif 2014 qui s’inscrit dans la lignée des engagements pris en mars 2008 et tenus sans discontinuer depuis.

Aussi, au vu de ces quelques rappels, et sous réserves de ces quelques réflexions formulées pour l’avenir, le groupe des Elu-es écologistes et citoyens de Strasbourg se prononcera en faveur du budget primitif 2014.

Monsieur le Maire, Cher-es collègues, je vous remercie