Conseil municipal du 22 juin 2015

Point n°50 : Maitrise de l’environnement électromagnétique de Strasbourg : diverses évolutions de la charte relative aux antennes relais de téléphonie mobile – Désignation

Intervention de M. Eric Schultz – Adjoint au Maire

Monsieur le Maire, Chèr-e-s collègues,

Près de 3 ans après l’adoption, mouvementée, de notre Charte relative à l’installation d’antennes relais de téléphonie mobile à Strasbourg, et près de 3 mois après l’adoption, mouvementée, elle aussi de la Loi Abeille par le Parlement, nous voici une nouvelle fois sollicités pour le renouvellement des membres du Comité de suivi de la Charte. Un an après notre réélection, et 6 mois avant le renouvellement de cette charte, rappelons le, prévue pour 3 ans, c’est une bonne chose.

Pour m’être régulièrement saisi de la question de l’exposition de nos concitoyens aux ondes électro-magnétiques lors du précédent mandat, je voudrais m’associer ici à ma collègue Françoise Schaetzel pour me féliciter de la réactivation de cette commission.

Je note en effet que parmi ses missions figure notamment l’établissement du « bilan exhaustif de l’action menée par les contractants » afin d’en présenter la synthèse au Conseil municipal.

A ce propos, je voudrais féliciter mon collègue Paul Meyer de l’établissement d’une cartographie recensant et actualisant la liste des implantations d’antennes relais des quatre opérateurs agréés sur notre ban communal.

La production de cette carte était, je le rappelle, une des revendications historiques que les écologistes avaient porté dans cette enceinte. Le document a enfin été produit, dont acte , je l’en remercie…

Cette cartographie, modélisée en 3 dimensions est un premier pas, personne ne le conteste. Elle sera probablement aussi un outil important de connaissance de l’environnement électromagnétique de notre territoire

Ce premier pas est important, mais vous conviendrez que comme tous les premiers pas il invite à aller plus loin si nous voulons apprendre à marcher sur nos deux jambes.

En effet, la cartographie en trois dimensions produite par la Ville de Strasbourg permet désormais de modéliser, à partir des données techniques fournies par les opérateurs, les niveaux d’émission théoriques maximum observables sur un bâtiment ou un espace public.

Encore faut-il rappeler qu’il ne s’agit ici que de données théoriques qui ne traduisent pas les niveaux d’émission réellement observables et n’intègrent pas les autres sources de pollution électromagnétique installées sur notre territoire comme les antennes privées (comme celles de la gendarmerie ou des pompiers…) ou les installations wifi des particuliers.

Ceci étant, je n’en fais pas ici grief aux services de la Ville de Strasbourg qui ont réussi à agréger avec talent ce premier niveau d’information, mais voudrais saisir l’occasion de cette délibération pour inviter les strasbourgeoises et les strasbourgeois qui le souhaitent à prendre attache dès à présent avec la Ville de Strasbourg pour demander les mesures sur site que nous nous sommes engagés à produire afin que nous puissions

1. connaitre le niveau d’émission réellement observable sur l’ensemble des quartiers strasbourgeois

2. apprendre à identifier précisément la part impotable aux antennes relais de téléphonie mobile dans le tapis d’ondes auquel nos concitoyens sont soumis.

Cette envie de transparence appelle une deuxième remarque à laquelle je suis attaché, la transparence des données et le libre accès de tout un chacun à ces informations.

Si j’ai bien compris, dans l’état actuel des choses, la cartographie n’est pas encore publique. Il faudra pourtant franchir ce pas si nous voulons rassurer nos concitoyens et permettre la mise en œuvre de stratégies permettant aux personnes ayant déclaré une sensibilité aux ondes électro-magnétiques où ne souhaitant pas être exposés à des niveaux d’émission qu’ils jugeraient problématiques de choisir en toute connaissance de cause leur lieu de résidence, de travail, ou de scolarisation de leurs enfants…

En effet, en mettant de côté, pour l’instant, le débat pourtant nécessaire sur les niveaux d’émission admissibles sur le territoire communal, nous n’avons fait que retarder un débat que nous savons difficile et bien souvent étouffé par des intérêts industriels et financiers peu soucieux de santé publique.

En rendant accessible les cartes, et les données dont nous disposons, y compris, en open data, les mesures réalisées à la demande des particuliers, nous pourrions contribuer à contourner les effets de cette absence de débat en permettant à chacun de se saisir librement et en toute connaissance de cause de cette question…

Pour la première fois, je voterai donc pour une délibération relative à l’installation d’antennes relais de téléphonie. J’encourage toutefois les membres de cette commission à avoir à cœur l’amélioration continue de la connaissance de notre environnement électro-magnétique et l’accès de toutes et tous aux données y ayant trait et auxquelles ils ont droit.

Monsieur le Maire, Chèr-e-s collègues, je vous remercie