Le 9 décembre 2017 l’Arcadia, local du réseau identitaire du Bastion « Social » a ouvert ses portes dans le quartier de l’Esplanade à Strasbourg, à proximité des Universités mais aussi de nombreuses écoles et d’autres établissements d’enseignement secondaires provoquant un vif émoi et dans un quartier où le vivre ensemble et la solidarité ont toujours été la règle.

Outre la réservation frauduleuse d’un établissement voisin, au grand dam de son propriétaire, le déploiement du drapeau du parti néonazi grec Aube dorée dans ce local, comme les agressions commises à Strasbourg, et sanctionnées par la justice attestent si il en était besoin des intentions réelles de cet établissement : assurer la propagation des idées de l’ultra-droite à Strasbourg et servir de base arrière à l’organisation d’actions violentes.

La solidarité, comme la République libertaire, égalitaire et fraternelle, est une et indivisible.

Condamnée sans appel par le Maire de Strasbourg, l’idéologie discriminatoire du Bastion « Social » n’est pas la bienvenue dans le quartier de l’Esplanade et n’a pas sa place dans notre Ville. Aucune personne sensée ne peut aujourd’hui admettre que l’on fasse le tri entre les plus fragiles et les plus démunis en raison de leurs origines ou de leurs croyances réelles ou supposées. A Strasbourg comme ailleurs, celles et ceux qui (sur)vivent dans nos rues subissent les mêmes violences et les mêmes souffrances et méritent la même protection.

Les premières initiatives du Bastion Social n’ont pas été bien accueillies dans notre ville. Plus encore, les « collectes » ou « maraudes » organisées fin décembre ont d’avantage suscité le rejet et la peur, aussi bien des personnes (sur)vivant à la rue que des habitants ou des commerçants du quartier. Rien d’étonnant dans une ville solidaire où fleurissent depuis quelques années les actions de solidarité citoyennes et inclusives.

Cette volonté du Bastion « Social » d’instrumentaliser la détresse sociale pour détruire notre cohésion sociale pourrait suffire en soi pour condamner les activités de ce groupuscule.

Mais il y a plus inquiétant en ce début janvier 2018 où L’Arcadia à choisi de nous dévoiler une autre facette de ses activités en invitant ce samedi Gabriele Adinolfi, théoricien du néofascisme italien des Années de Plomb ayant été l’objet d’un mandat d’arrêt international suite à l’attentat de la gare de Bologne qui fit, rappelons le, 85 morts et plus de 200 blessés le 2 août 1980.

Il faut fermer l’Arcadia pour la menace qu’il représente à Strasbourg

Au moment même où la France se rappelle les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, où les mesures de sécurité destinées à limiter le risque terroriste se multiplient et où nous mettons en place des programmes de prévention de la radicalisation violente auprès des jeunes strasbourgeois, cette nouvelle provocation n’est pas admissible et s’inscrit dans une stratégie de tension que personne ne souhaite voir s’installer à Strasbourg. Par rapport à la violence et à l’apologie du terrorisme, il ne saurait y avoir deux poids et deux mesures…

Un climat de peur, légitime, est en train de s’installer dans le quartier de l’Esplanade et les habitants craignent pour leur sécurité et celle de leurs enfants. Des pétitions circulent pour demander à l’État la fermeture de l’Arcadia. En tant qu’adjoint au Maire de Strasbourg, et au nom du respect de l’ordre public je m’associe à cette demande et demande au Préfet d’ordonner au plus vite la fermeture administrative de cet établissement qui nuit à l’image de la capitale européenne des Droits de l’Homme et au bien être de ses habitants.