Le 30 mars 2012, les députés européens ont voté une résolution en faveur du transfert à Bruxelles de l’ensemble de leurs sessions plénières, au détriment de Strasbourg. Les quinze eurodéputés de la délégation écologiste française s’y sont opposés.

Les traités européens fixent douze sessions plénières par an à Strasbourg. Le Sénat a adopté une résolution appelant à fixer une bonne fois pour toutes le Parlement européens dans la capitale alsacienne.

Strasbourg, à l’origine de la construction européenne

Au Parlement européen, le mouvement des « anti » Strasbourg est surtout animé par des eurodéputés défavorables à la construction européenne. Nous n’oublions pas, pour notre part, que le siège du Parlement européen à Strasbourg, aux côtés du Conseil de l’Europe, a symbolisé le fondement de la construction européenne depuis 1945 : rassembler des peuples européens dans la paix, la justice et la solidarité.

Il est aujourd’hui reproché à l’Union européenne son aspect «technocratique», « centraliste » bruxellois, ainsi que sa distance par rapport à ses citoyens : de notre point de vue, regrouper à Bruxelles le Parlement européen et la Commission ne fera que renforcer à terme cette perception négative de l’Union.

Les écologistes prônent une vision de l’Europe post-nationale, polycentrique et dépassant le cadre actuel de la seule organisation du marché européen. Cette structure en crise basée à Bruxelles, nous apparaît désormais dépassée et insuffisante.

Strasbourg, moins chère et plus commode que Bruxelles

Les partisans d’un siège unique du Parlement européen avancent l’argument selon lequel la dispersion géographique de ses activités génère un gaspillage financier insupportable, et de nombreux déplacements polluants et compliqués pour les élus et le personnel. Nous sommes d’accord, il est nécessaire de diminuer les coûts financier et carbone des navettes entre Strasbourg et Bruxelles.

Le coût des installations strasbourgeoises du Parlement européen se monte à 51,5 millions d’euros par an, selon le secrétariat général du Parlement. Soit à peine 10 centimes par an et par habitant de l’Union. Qui plus est, en termes d’immobilier, la capitale alsacienne reste bien moins chère que Bruxelles, dont le quartier européen est saturé. Pour les écologistes, le transfert intégral des activités du Parlement européen dans une seule ville s’impose : mais à Strasbourg.

Notre ville pourrait ainsi devenir « l’éco-capitale » de l’Europe, en cohérence avec la politique urbaine de développement durable préconisée par les écologistes, tout en apportant un élément de réponse essentiel à la crise d’identité que traverse l’Union européenne en ce début de siècle.

 

Tribune publiée dans le n°238 de Strasbourg Magazine, décembre 2012
Groupe des Elu-es Ecologistes et Citoyens de Strasbourg