Monsieur le Maire,

Chèr-es collègues,

Nous avons entendu les propos lénifiants de l’opposition et les propos outranciers de l’extrême-droite sur les réfugiés. Mais pendant que certains devisent doctement sur les origines de la crise que nous traversons, quelle est la situation réelle ? Aujourd’hui ?

Aujourd’hui, des hommes, des femmes et des enfants fuient par milliers la misère et la guerre au risque de leurs vies…

Aujourd’hui, des barbelés et des murs sont dressés aux portes de l’Europe… La Méditerranée est devenue un cimetière…

Aujourd’hui, le parlement hongrois vient d’autoriser l’armée à ouvrir le feu sur les réfugiés…

Et nous serions là, assis, à deviser tranquillement sur les origines de cette crise ?

A chercher les responsabilités ailleurs, chez les autres, toujours chez les autres, alors que nous devrions prendre nos responsabilités ?

A chercher des raisons qui nous permettraient d’éviter d’assumer pleinement notre devoir de solidarité et d’accueil ?

Avons nous oublié l’héritage des Lumières et de la Révolution Française ? Avons nous oublié l’espoir européen de l’après-guerre ? L’espérance d’une Europe de Paix et de Solidarité ?

Sommes nous suffisamment aveugles pouur ne pas voir que nous sommes toutes et tous concerné-es ?

Je vous avouerai, Monsieur le Maire, cher-es collègues, que lorsque j’entends certaines personnes ici présentes, j’ai parfois mal à ma France…

Mal à ma France quand elle hésite à accueillir celles et ceux qui souffrent…

Mal à ma France quand celles et ceux qui souffrent aujourd’hui hésitent d’y solliciter l’asile…

Mal à ma France quand ceux qui nous promettent parfois la guerre civile, dans cettte enceinte même, soufflent sur les braises pour attiser la colère et la haine…

Mis si j’ai mal à cette France, je voudrais dire aussi que je suis fier des mouvements de solidarité qui ont vu le jour chez nombre de nos concitoyennes et concitoyens !

Je suis fier des associations qui se mobilisent et des hommes et des femmes qui à Strasbourg offrent leur solidarité, même lorsqu’ils ont peu !

Je suis fier d ‘être élu dans une ville qui sous votre conduite, Monsieur le Maire, a choisi de porter haut et fort les valeurs d’accueil et de solidarité qui font et fondent notre vivvre ensemble !

Bien sûr, je n’oublie qu’à côté des réfugiés venus de Syrie, de nombreuses autres personnes souffrent également d’abandon. Et qu’il faudra aussi répondre à ces situations.

Alors pour conclure, je voudrais former ici le vœu que nous puissions être toutes et tous assez adultes et généreux pour faire face à cette crise avec humanité et dignité et faire de la solidarité pour toutes et tous, une idée neuve !

Par tous les moyens nécessaires. Il n’y a pas d’alternative…

Monsieur le Maire, Chèr-es collègues, je vous remercie