Signataire de l’appel au rassemblement Strasbourg Ecométropole au lendemain des élections européennes de juin 2019, je ne peux que m’interroger au vu de la situation politique strasbourgeoise à cinq mois du scrutin municipal, et en particulier à gauche…

Alors que tout le monde s’accorde à dire que les prochaines années seront déterminantes pour relever les défis des crises environnementale, climatique et sociale, et bien que les listes « citoyennes » soient désormais de rigueur, peu semble avoir été entrepris ces derniers mois pour tenter de dépasser les égoïsmes partisans ou les tentations hégémoniques des uns comme des autres et travailler enfin, avec les habitant.e.s de notre ville, sur ce qui nous rassemble plutôt que sur ce qui nous divise.

Pourtant, est-il vraiment raisonnable, alors que les enjeux sociaux sont bien identifiés et nous sont rappelés avec vigueur par celles et ceux qui souffrent le plus aujourd’hui, de prendre le risque de voir Strasbourg se mettre « en marche » pour devenir un « laboratoire de politiques gouvernementales » dont nous mesurons chaque jour les insuffisances et les dégâts ?

Est-il vraiment cohérent lorsque l’on met en avant une urgence écologique qui n’a jamais été aussi pressante, de prendre le risque au niveau local de devoir temporiser, en cas de défaite, encore six longues années alors que nous devons et pouvons y répondre dès aujourd’hui en engageant au niveau local des changements de cap radicaux ?

Est-il vraiment sérieux, dans une période d’incertitude politique et de doute démocratique, de confier au huis clos rassurant d’appareils partisans, restreints ou élargis, qui rassemblent à peine 100 ou 200 personnes dans une ville de 280 000 habitant.e.s, le soin de désigner celle ou celui qui pourrait être appelé.e à devenir maire de la huitième ville de France ?

Enfin, est-il vraiment opportun alors que l’échéance des élections municipales approche à grands pas, de s’obstiner à partir en ordre dispersé pour « se compter » afin de départager les écologistes du reste de la gauche au premier tour des municipales alors que le candidat de la République en Marche, fortement appuyé par les équipes du centre-droit travaille à s’imposer comme le candidat rassurant de la majorité présidentielle ?

J’ai la faiblesse de penser que Strasbourg mérite mieux que cela et qu’un sursaut est encore possible !

Ecologiste résolument ancré à gauche, je reste convaincu que dans la configuration qui est en train de se mettre en place à Strasbourg, la division des écologistes et de la gauche est mortifère et qu’elle ne pourra qu’avoir des conséquences funestes pour notre ville et pour ses habitant.e.s.

Sans préjuger des qualités des candidat.e.s qui ont déjà été désigné.e.s ou de ceux qui sont en passe de l’être, la question du rassemblement des écologistes et de la gauche dès le premier tour des municipales se pose avec d’autant plus d’acuité que les urgences sont connues et que nous n’aurons pas 6 années supplémentaires pour y répondre. Les mobilisons importantes des marches pour le climat et la justice sociale le rappellent avec force, est il utile de le souligner ?

Le rassemblement est nécessaire, il est encore temps de le construire en y associant les habitant.e.s de notre ville. Et si une primaire devait être organisée pour choisir celle ou celui qui en portera les couleurs en mars 2020, alors qu’elle le soit, et que cette primaire soit ouverte à toutes celles et à tous ceux qui refusent la fatalité et souhaitent une gauche rassemblée pour porter une véritable alternative citoyenne, écologiste, sociale et populaire à Strasbourg en mars 2020 !