Bonsoir à toutes et tous,

Mesdames et Messieurs les membres des Conseils de Quartier, les représentants des associations, chers agents de la collectivité qui avez accepté de vous joindre à nous,

Je voudrais d’abord remercier Géraldine Farage et son équipe de bien vouloir nous accueillir au Shadok qu’elle nous présentera dans le détail d’ici quelques instants. Saluer également Pierre Bergmiller, qui nous fera un petit exposé sur http://carto.strasmap.eu/theme/vie_nocturne, ainsi que Christian Berger de la direction de la mobilité qui reviendra sur la question des déplacements nocturnes sans voiture à Strasbourg. Enfin, je profite de l’occasion pour remercier Marie Jacquin-Pavard, cheffe de projet de la Mission des Temps qui a conçu et organisé ce moment et qui vous expliquera en fin de présentation le déroulement de la soirée.

Je suis donc très heureux de vous accueillir, en présence de mes collègues adjoint-es et élu-es à la Ville de Strasbourg :

  • Alain Fontanel, premier Adjoint, également en charge de la Culture,
  • Mathieu Cahn, en charge de l’animation et, entre autres, de la Charte de la Nuit,
  • Paul Meyer, en charge du Quartier Gare et de la Ville numérique
  • Mine Gunbay, en charge de la Démocratie locale et des Droits des femmes,
  • ainsi que Jean-Baptiste Mathieu, Jean-Baptiste Gernet et Edith Peirotes qui nous font l’honneur de leur présence

Cette nouvelle édition des traversées nocturnes s’inscrit dans le cadre de la Mission des Temps qui m’a été confiée par le Maire de Strasbourg en mars 2014, et dont l’ambition est, pour mémoire :

  • de travailler de manière transversale à une meilleure articulation entre les temps de la Ville et les temps de la vie
  • de tenter de résoudre par une réflexion ou une action sur ces temps des problèmes qu’on ne peut pas ou qu’on ne peut plus nécessairement résoudre par l’investissement, ou par des formes d’intervention, disons « classiques »
  • et d’accompagner les évolutions de la société, dans ses pratiques, ses attentes, mais aussi de ses outils ou ses représentations

Tout ceci en nous attachant à permettre la coexistence de pratiques différentes, divergentes, voire  même parfois carrément opposées, dans des lieux communs, de manière à rendre la vie en ville plus apaisée, plus harmonieuse, plus fluide…

Je vous épargne une présentation trop détaillée des ambitions de la Mission des Temps, même si elle le mériterait, mais il n’aura je pense échappé à personne que la question de la nuit et de ses usages entre de plain pied dans nos problématiques.

Parce qu’après tout, qu’est ce que la nuit, si ce n’est un moment particulier de la journée ?

Un moment particulier où certains travaillent, mais où d’autres se reposent… Un moment où d’autres encore cherchent à se détendre et veulent faire la fête…

La nuit est un moment privilégié, où chacun entend pouvoir disposer de la ville pour son usage… mais c’est aussi un moment moins tolérant que le jour, où les conflits d’usage et les incompréhensions peuvent être plus profonds, plus durs, plus difficiles à appréhender que le jour …

La nuit, c’est aussi un moment où on se retrouve, ou où l’on se sépare, un moment où l’on se sent seul… et parfois, souvent même, fragile…

C’est aussi un moment que l’on peut attendre avec impatience ou avec lassitude voire avec appréhension… Un moment que l’on peut vivre pleinement, ou que l’on peut subir…

La prise en compte de cette complexité de la nuit, comme de la diversité de ses usages et de ses visages est devenue un enjeu important, essentiel, des nouvelles politiques urbaines sur lesquelles nous devons réfléchir et tenter d’apporter des solutions.

Parce que la nuit, si il existe un Strasbourg qui se repose, il existe aussi un Strasbourg qui travaille et un Strasbourg festif …

Parce que la nuit, si il existe un Strasbourg des jeunes (voire même plusieurs Strasbourg des jeunes), il existe aussi un Strasbourg des femmes (pour lesquelles nous avons voulu avoir ce soir, avec ma collègue Mine Gunbay, une attention particulière) et un Strasbourg des personnes seules ou abandonnées, un Strasbourg des personnes à la rue…

Parce que la nuit, enfin, n’est pas la même dans les différents quartiers de Strasbourg, aux différentes heures de la nuit ou selon qu’on se déplace seul ou en groupe, à pied, en vélo ou en transports en commun…

Tenter de saisir la subtilité de la nuit strasbourgeoise c’est d’une certaine manière chercher à aborder d’une autre manière la question du vivre ensemble et de la coexistence dans notre ville.

Voilà donc l’objet de ces traversées nocturnes auxquelles la Ville de Strasbourg vous a proposé de participer et sur lequel je voulais m’attarder un peu.

Après un moment de convivialité, nous allons donc tous ensemble sillonner certaines partie de la ville, d’abord à pied, puis en transports en commun ou en vélo.

Chacun de vous sera amené à consigner ses observations, ou ses rencontres dans un carnet qui vous sera remis et dont nous allons vous expliquer la fonction.

Puis vers une heure du matin nous nous retrouverons pour échanger sur ce qui aura retenu notre attention … qu’il s’agisse d’urbanisme, de déplacements, d’animation, de sécurité, de solidarité, ou d’égalité (entre les personnes ou entre les quartiers…)

Je n’en dis pas plus, mais vous remercie encore une fois d’avoir accepté de participer à cette nouvelle édition des traversées nocturnes de Strasbourg… en espérant que chacune et chacun y trouvera son compte et saura, par la qualité du regard qui est le sien, apporter son éclairage sur la nuit.

On se retrouve tout à l’heure, et surtout,  que la nuit vous porte conseil…

Merci !