Après la remise du rapport sur le GCO et les déplacements dans la périphérie de l’agglomération strasbourgeoise, une quinzaine d’élus écologistes des communes de la CUS interpellent les responsables socialistes.

«  Le GCO est et reste une fausse réponse à une bonne question » ; il ne règle pas vraiment, et le dernier rapport le confirme, les questions d’accessibilité à Strasbourg et donc les bouchons quotidiens à l’entrée de l’agglomération.

«  Le contournement est une solution archaïque et en aménageant l’A 35 en boulevard urbain on apporte une réponse en trompe l’œil fondée sur un pseudo bon sens ». Le rapport rendu il y a quelques jours confirme que le  GCO « nouveau » ne déchargerait l’A35 que de 15 % de la circulation et confirme donc que le flux sera à même niveau dans 12 ans avec une pollution atmosphérique identique. Alors tout ça pour 600 millions d’euros, vraiment ?

«  Cette construction sera contre-performante. Depuis une dizaine d’années les automobilistes ont pris des habitudes vertueuses. Les parkings des gares périphériques sont pleins, les trains régionaux aussi…avec le GCO les « pendulaires » reprendraient leur  voiture ». croyant qu’il est effectivement facile de circuler en voiture. Effectivement il nous faut renforcer encore la priorité aux transports collectifs alternatifs à la voiture et ils sont nombreux (Tram, TSPO, TER, BHNS….),

«  Il n’est pas raisonnable de répondre aux enjeux d’aujourd’hui avec des réponses d’il y a 25 ans ». En effet le GCO a été conçu à la fin des années 60, alors que le tout automobile régnait en France et l’infrastructure routière était la seule à trouver une quelconque légitimité. Ce n’est pas avec des recettes du siècle passé que l’on construit l’avenir en gaspillant au passage près de 300 hectares de terres agricoles ! !

«  Les alternatives crédibles, respectueuses de l’environnement existent . Elles passent par une approche résolue de ce qui provoque l’asphyxie de l’A 35 c’est-à-dire des migrations pendulaires entre le lieu d’habitation et les lieux de travail. Il s’agit d’adopter une démarche d’ensemble en développant des solutions alternatives à la voiture individuelles : voies de bus spécifiques, tram train, intermodalité des transports, plans de déplacements interentreprises » On pourrait y ajouter une politique régionale des déplacements, la mise en place du fret ferroviaire et l’instauration de la taxe poids lourds car son report nous ramène des milliers de camions tous les jours.

Depuis 2008 les socialistes et les écologistes (minoritaires) assurent la conduite de l’exécutif à la Communauté Urbaine et à la Ville de Strasbourg. Ils réaffirment ensemble et régulièrement, face à la droite, leurs positions en la matière.

De convergence en divergence !

Et  malgré des divergences sur d’autres sujets, il est bien un point sur lequel l’accord était total : le nécessaire abandon du projet du GCO et le développement d’une politique volontariste en matière de déplacement et notamment pour les transports collectifs.

La convergence sur ce projet entre socialistes et écologistes était  telle que l’ensemble des phrases reprises ci-dessus et en italique sont des citations des principaux responsables socialistes et notamment Jacques Bigot et Roland Ries.

Ce qui aurait été vrai, ce qui aurait été une conviction, ce qui aurait été un engagement, ce qui aurait été une ligne de conduite réitérée en direction de nos concitoyens et de nombreuses associations s’évaporait-il du jour au lendemain ?

Ce qui était vrai hier ne le serait plus aujourd’hui ? Car s’il est une certitude largement partagée, c’est que le projet de GCO pour lequel la Déclaration d’Utilité Publique a été engagée en 2012 est identique (à quelque talus prêt) à la version relookée en 2013 par les 2 inspecteurs des Ponts et Chaussée. La cosmétique et le changement de dénomination pour l’A 35/GCO ne changent aucunement le projet initial.

Il reste cher  avec ses 600 millions d’euros, inutile car, aux dires mêmes des inspecteurs nous retrouverons la même situation dans 12 ans ! Et surtout il restera une autoroute à péage…ce que ses promoteurs oublient généralement de dire.

Ce qui était un point de convergence entre les socialistes et les écologistes pourrait devenir un axe de divergence majeur  rendant ardues le travail en commun sur l’agglomération strasbourgeoise et donc difficile la réussite d’une alternance écologique et sociale aux prochaines élections territoriales en Alsace.

L’avenir exige des solutions courageuses !

Gérard Schann (Bischheim), Jacques Fernique (Geispolsheim), Richard Hamm (Illkirch), Fabienne Baas (Ostwald), Andrée Buchmann, Danièle Dambach, Vincent Kayser, Patrick Maciejewski, Denis Maurer  et Anne Sommer(Schiltigheim), Chantal Augé, Mina Bezzari, Marie-Dominique Dreysse, Alain Jund, Eric Schultz et Derya Topal (Strasbourg)