Lundi 22 février, le Conseil municipal de Strasbourg sera appelé à délibérer sur l’attribution d’une subvention de 270 000€ pour l’Association des « Amis » du Zoo de l’Orangerie. Dans une période où l’argent public se fait rare et doit être utilisé à bon escient, il n’est pas inutile de porter à la connaissance de toutes et tous quelques éléments permettant de mieux appréhender ce sujet.

Pour mémoire, la délibération adoptée le 21 septembre dernier, par seulement 26 voix pour et 20 abstentions pour 65 élus, avait conditionné l’octroi d’une subvention complémentaire de 40 000€ à la présentation « d’un plan de redressement financier pour l’exercice 2016 » et réaffirmé la volonté de la Ville de « faire évoluer le zoo de l’Orangerie vers des activités basées sur des objectifs renforcés de conservation, de sensibilisation et respectueux du bien-être animal ».

Une situation de blocage inacceptable

En dépit de cette main tendue, et de ce compromis acceptable par tous, force est de constater que les déclarations d’intention de l’Association des « amis » du Zoo auront fait long feu.

En effet, après avoir fait mine dans un premier temps de participer aux travaux du groupe de travail sur l’animal en ville initié et piloté par Christel Kohler, ladite association s’est empressée de demander l’éviction des associations de défense animale, avant de se retirer purement et simplement de la concertation.

Plus encore, la publication d’un « livre blanc », dont les éléments les plus récents datent de 2006, atteste, si il en était besoin, de l’incapacité des « Amis » du Zoo à se remettre en question et de son refus manifeste de s’engager dans une démarche positive permettant à la fois de préserver le site de l’Orangerie et de mettre un terme au véritable scandale que constituent les conditions de détention des espèces présentées au public sur ce site.

Du point de vue du respect de la volonté exprimée par le Maire, du cadre fixé par l’assemblée municipale comme de la prise en compte de la condition animale, cette situation de blocage, initiée par une association sur le déclin, n’est pas acceptable.

Respect de l’animal et maîtrise budgétaire sont indissociables

La lecture du « livre blanc » de l’association des « Amis » du Zoo est édifiante à bien des égards.

A défaut d’argumentaire convaincant, on retiendra surtout que l’association reste arc-boutée sur des schémas anciens, pour ne pas dire dépassés, dont la conséquence logique ne peut être qu’une fuite en avant financière. Et une fuite sans fin, puisque loin d’avoir maîtrisé ses dépenses comme cela lui avait été demandé dès 2008, elle reconnaît implicitement être aujourd’hui en situation de quasi cessation de payement, pour la 4e année consécutive…

Chacun en conviendra, c’est faire bien peu de cas fait de l’argent public, que d’aucuns considèrent visiblement comme une manne inépuisable.

Il existe pourtant des solutions simples et efficaces pour mettre un terme à cette situation.

La questions de la remise à plat du projet de l’association des « Amis » du Zoo est en effet indissociable de celle d’une gestion plus vertueuse de cet équipement.

Le maintien en détention d’espèces exotiques (singes, aras…), ou sauvages (lynx…), qui pourraient aujourd’hui être orientées vers des lieux plus adaptés comme le propose Code animal, est une source de dépense qui doit impérativement être reconsidérée.

De même, le recentrage des activités du zoo vers des activités davantage liées à la conservation et à la connaissance de la faune locale permettrait sans nul doute de redorer le blason de cet équipement en perdition tout en garantissant sa mission première et son équilibre financier.

Au vu des données financières et éthiques qui sont aujourd’hui sur la table, personne ne peut faire l’impasse sur les choix à faire pour accompagner le Zoo de l’Orangerie dans sa nécessaire mutation. Il appartient aux « Amis » du Zoo, ou à défaut à d’autres, de s’en saisir.

Quoiqu’il en soit, le statu quo n’est plus possible.

Eric SCHULTZ – Adjoint au maire écologiste de Strasbourg