Photo © Marie Marty / Rue89 Strasbourg

Intervention au conseil municipal de Strasbourg du 24 septembre 2012.

Monsieur le Maire, Chers collègues,Ce n’est pas la première fois que j’interviens au nom des élus écologistes pour vous faire part de mes réserves et de mes interrogations quant à la gestion faite par l’Association des Amis du Zoo de l’Orangerie de l’infrastructure qui leur a été confiée par la Ville de Strasbourg…A délibération récurrente, donc, intervention récurrente… avec quelques innovations pourtant puisqu’il est patent pour tout un chacun que nous n’avons absolument pas progressé depuis le début de notre mandat que ce soit en matière de respect de la condition animale ou de mise en conformité du zoo avec la législation européenne…

Pour mémoire, je vous rappellerai néanmoins, chers collègues, que sur le plan légal les conditions de détention des animaux ne respectent pas (ou très imparfaitement du moins) la directive européenne 1999/22/CE qui considère qu’un zoo doit satisfaire à minima à 3 conditions règlementaires dans ses aménagements et fonctions, savoir :

  • prendre des engagements visant à la conservation de la biodiversité
  • mettre à disposition des visiteurs des informations détaillées sur les espèces exposées et leurs modes de vie
  • présenter les animaux dans des conditions appropriées au vu de leurs habitats naturels, de leurs habitudes et de leurs espèces.

Vous le savez pertinemment, chers collègues, si l’on peut considérer vaille que vaille que le zoo rempli plus ou moins bien sa mission d’information, il est très difficile de considérer le 3e point comme acquis.

Ce cas n’est pas isolé en France et c’est la raison pour laquelle un collectif d’associations de protection des animaux envisage de déposer plainte contre la France auprès dela Commission Européennepour non-application de la directive zoo..

Nous avons déjà alerté cette assemblée à plusieurs reprises sur ce débat pourtant essentiel… sans grands résultats à ce jour, ce que je ne peux évidemment que regretter…

Pourtant, année après année, la collectivité alloue des sommes importantes à l’Association des Amis du Zoo de l’Orangerie. Plus encore, chaque année, ces sommes se voient agrémentées d’un complément substantiel monté cette année et dans la délibération qui nous occupe à 40 000€, soit, pour l’année 2012, une dotation globale de 270 000€, au seul motif de « ne pas mettre en péril cette association qui anime le parc de l’Orangerie et participe à la sauvegarde de certaines espèces animales », justification sibylline et passe partout si il en est…

Sur ce point, je suis d’ailleurs toujours en attente qu’un bilan de l’action de cette association soit enfin communiqué aux élus, et lorsque je dis bilan, je parle d’actions concrètes et pas simplement de bilans financiers.

Il est pourtant de son devoir de justifier annuellement de la bonne utilisation du denier public et de prouver que ses engagements auprès de la collectivité donneuse ont été effectifs et tenus.

Vous n’êtes pas sans connaitre, monsieur le Maire, chers collègues, notre attachement à la bonne gestion de l’argent public dont la délibération 1, présentée par notre collègue Alain Fontanel il y a quelques minutes, est le témoignage direct. C’est donc dans cet esprit qu’une lecture attentive quoique parcellaire de l’historique des relations financières entre la Mairie de Strasbourg et l’Association des Amis du Zoo de l’Orangerie nous aura particulièrement inquiétés.

Sans remonter à son origine, nous ne pouvons que noter que les subventions vont croissant au fil des ans sans qu’aucun travail de stabilisation n’ait été visiblement engagé de la part de l’association. Ainsi, fin 2007, la municipalité précédente avait transformé en subvention une avance de trésorerie consentie en 2005 pour débloquer, déjà, une énième situation financière difficile de l’association (délibération 61 du Conseil Municipal du 17 décembre 2007).

Six mois après ce geste exceptionnel, le Conseil Municipal nouvellement élu se voyait contraint d’allouer une subvention complémentaire de 20 000€ encore une fois, je cite la délibération, « pour aider l’association à faire face à ses difficultés de trésorerie ».

Prenant conscience de l’instabilité de la trésorerie de la structure, notre majorité demandait alors à l’association de mettre à profit le second semestre de l’année 2008 pour mettre en place, je cite toujours, « les conditions d’un retour pérenne à l’équilibre budgétaire dès 2009 et définir un cadre stable et définitif concernant l’aide financière apportée par la collectivité » (délibération 60 du Conseil Municipal du 23 juin 2008).

Malgré cela, et depuis cette date, la subvention annuelle a continué d’augmenter, passant de 223 000€ à 230 000€ et la dotation exceptionnelle récurrente mais néanmoins annuelle passant de 20 000€ au double, 40 000 €, aujourd’hui…

Au fil des ans et des conventions financières, il nous apparait malheureusement que les engagements de l’association sont restés les mêmes et, ce, bien que pas grand chose n’ait évolué pour les animaux qui y sont actuellement détenus … Pas grand-chose, hormis bien évidemment une ardoise de plus en plus chargée pour la collectivité et donc le contribuable…

Les élus écologistes que nous sommes en appellent donc une nouvelle fois, Monsieur le Maire, à votre vigilance afin que cette situation ne s’installe pas dansla durée. C’est problématique par rapport à la gestion du zoo de l’Orangerie, et indécent au regard des difficultés que rencontrent nombre d’associations sur la place de Strasbourg quant à leur fonctionnement…

Nous souhaiterions donc que soit examinée au plus près et dans la plus grande transparence la gestion de l’Association des Amis du zoo de l’Orangerie, et une audition de ses représentants par une commission ad hoc du Conseil municipal ne nous paraitrait pas inconvenante afin que chacun puisse saisir la réalité des choses.

Comme il ne nous paraitrait pas inconvenant non plus que nous examinions comme pour d’autres équipements publics la pertinence et la pérennité de ce mode de gestion par rapport à d’autres solutions que pourraient être la délégation de service public, voire le retour en régie directe… entre autres…

Dans l’absence de ces éléments, ou de signes tangibles de la part des gestionnaires de ce bel équipement auquel nous sommes attachés autant que peut l’être chaque strasbourgeois, et après être intervenus à plusieurs reprises sur la situation du Zoo de l’Orangerie, vous comprendrez Monsieur le Maire, chers collègues, que nous refusions de prendre part à un vote qui n’est rien d’autre que l’enregistrement répété sans cesse d’une situation apparemment sans issue.

M. Le Maire, Chers collègues, je vous remercie.

A revoir sur le site de la Ville de Strasbourg.